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Ecrit par Patrick B., le 2 mars, 2019

EDITORIAL:

Passion tauromachique

Passion tauromachique….

La passion tauromachique ne se dit pas. C’est comme une gifle silencieuse que l’on reçoit et qui ressemble à un toro…

La passion tauromachique cela réclame des années de présence, d’émotions, d’illusions et de désillusions pour révéler son essence, sa nature.

La passion tauromachique relève d’une idée profonde et radicale de la fête.

La passion tauromachique c’est encore bien plus que cela, pour celui qui la vit comme on vit un amour au long cours.

La passion tauromachique c’est l’espoir à chaque fois renouvelé de pouvoir vivre un instant privilégié.

La passion tauromachique c’est un chemin de bonheur, de la beauté et de la grâce.
Un chemin d’amitié….

Cette passion tauromachique elle participe à une culture, celle de l’accointance entre les hommes, entre les peuples. À son plus haut degré, elle est le rythme intime, une affaire personnelle, un chemin vers soi. En quelque sorte un sentiment…..

La passion tauromachique c’est une admonestation répétitive sur la fragilité des choses de ce monde.

La férocité bien sur y tient une juste place, une sorte de théâtre sans metteur en scène. Deux acteurs c’est tout, le toro et le torero, jouant leur propre rôle, leur propre sort.

Un souffle, celui de la vie qui lutte pour la vie et un public intimement mêlé à l’action qui se déroule devant elle, là, sur le sable.

La voici, l’heure de vérité. La vérité du trépas. La vérité qui associe dans la paume du destin l’homme et la bête. La bête, telle qu’en elle-même, splendide et brave. L’homme debout, devant elle, face à l’adversité.

C’est sur ce chemin-là, de liesse et de tragédie, de partage et de solitude, qu’avance en toute conscience celui dont le cœur est pris par les aficionados. Il est comme ces nomades qui vont, du printemps à l’automne, de pâturage en pâturage, et se retrouvent pour de grandes fêtes, à l’intérieur d’intenses moments de communion, avant de reprendre leur itinérance. Il converge, il voyage, il répond à l’appel de telle ou telle affiche qui l’emmènera vers telle ou telle arène, une couleur de ciel, un paysage, un souvenir, une espérance. Il est insaisissable et baroque, incrédule et profond. Libre…

Libre d’être et de vivre selon ses propres penchants, humain aux passions assumées, sensible au cycle de l’énergie universelle qui met en jeu, à l’infini, les forces de création et de destruction.

Voilà ce qui se joue dans l’arène, encore et encore….Voilà pourquoi on y apprend à vivre, et aussi à mourir….. Voilà pourquoi l’aficionado se sent parfois devant l’art tauromachique comme en présence d’une peinture, d’une symphonie, d’un poème, d’une œuvre magistrale où que sais je encore ?

Un instant où la vie va plus loin que la vie…..

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