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Feria d’Eauze (Gers) 2019
du 5 au 7 juillet 2019
(4/5)

Le repas:

Entre novillada et corrida il fallait bien se sustenter. Le repas a été organisé dans la salle du marché au gras d’Eauze.
Comment on l’a su ?
L’odeur…
Dans ce village le marché a lieu tous les dimanches dès 9h30 de novembre à février.  C’est une vente directe du producteur au consommateur, encadrée par les services vétérinaires garantissant qualité et fraîcheur.

Le repas a été animé par un groupe musical « Les Armagnacs » dont on a apprécié la qualité et la mesure.
Ce fut l’occasion de découvrir que le « piccolo » (famille de la flûte traversière) était le seul instrument de musique dont on joue en levant le coude !
La preuve :

Ceci est, bien entendu, une galéjade et j’ai la plus grande admiration et respect pour cette jeune personne qui en jouait admirablement.

Une particularité des arènes d’ Eauze:  les clarines à l’ancienne:

La clarine est une petite trompette sans piston du XVIIIème siècle.
Perso, elle me rappelle le buccin des armées romaines…
Dans le domaine musical, le « registre du clairon » est le registre aigu de la clarinette, parce que son timbre est alors voisin de celui de la clarine, qualifié de claironnant. Rien à voir avec le cornet (Carmen).

Les clarines, aux ordres du président, lancent le paseo, ponctuent le rythme de la lidia en traduisant les ordres du président : entrée du taureau, changement de tercio, avis, etc…

Aux arènes Nimeño II d’Eauze, les clarines sont au nombre de quatre auxquels s’adjoignent une trompette et un timbalero. Ils ne font pas partie d’une » banda »  (chez nous « peña »). Comme ils disent:  « A chacun son métier ».
Quand on les a vu, entendu, on se dit que cela en jette davantage que ce qu’on entend ailleurs…

Les clarines utilisées ont été fabriquées par les établissements CUESNON, maîtres artisans, fournisseurs de l’armée depuis 1827 !

La corrida:

Triste après-midi…

Pour:

  • David Fandila «El Fandi» (bleu marine et or souligné de noir)
  • Joaquim Galdos (bleu marine et or)
  • Adrien Salenc (moutarde et or)

Six toros du Camino de Santiago (Jean-Louis Darré), origine Marquis de Domecq, élevé en Navarre chez José Angel Santafé Marton renforcé par un étalon de la maison mère – ganaderia de l’Astarac .
La ganaderia de l’Astarac créée avec du bétail acheté entre 1992 et 1995 à Jean Riboulet, sous le fer du Scamandre. Une bonne trentaine de vaches et deux sementales tous d’origine Ricard-Infante de la Camara, célèbre coktail portugais à base de Parladé orienté Tamaron-Condé de la Corte (comme les Domecq ou les Atanasio Fernandez) d’un coté et de Gamero Civico (tels les Samuel Flores) de l’autre).

Six estampas, toros bien présentés, belle armure, bien faits, sans excès de poids mais… rien. Mais quand on dit rien c’est rien.
Mansos, sosos, faibles, fuyants, mono-piqués à la sauvette, fils de trois sementales différents,  les toreros ont essayé – souvent avec professionnalisme – ils ont meublé mais il n’y avait rien à faire.
A la fin, le ganadero derrière une talanquera était écroulé, à côté sa femme en pleurs…
« Je me suis trompé » disait-il sans chercher de faux-fuyants. « Non ce n’est pas la chaleur, un peut-être mais six ».

C’est qui fut remarquable c’est que au fur et à mesure que les exemplaires sortaient dans le redondel, que la catastrophe se confirmait, les protestations, les lazzis, diminuaient.
Jean-Louis Darré, l’enfant du pays connu de tous, fut respecté par tous les gradins. Jamais, normalement, il aurait fourni sciemment un lot sans nom.
Quelque chose avait dû se passer.
A la fin, derrière une talanquera il se tenait, écroulé, à côté sa femme en pleurs…
« Je me suis trompé » disait-il sans chercher de faux-fuyants. « Non ce n’est pas la chaleur, un peut-être mais six ».
Nous vous croyons Monsieur Darré, on oublie, mais reconnaissez que vous nous en devez une !
Une corrida qui sera magnifique… la prochaine fois.

Quelques séquences:

La soirée s’est terminée au… Quartier Général.

 

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